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Réflexions

Un cycle à soi

Si nous décidions de découvrir et redéfinir notre rythme intérieur pour cette nouvelle année ?

Dans mon énergie, la fin d’année c’était le 21 décembre. Nous entrions dans l’hiver, les vacances de fin d’année démarraient, les journées allaient commencé à rallonger, j’ai fini la rédaction et l’illustration de mon premier livre… J’ai défini mes intentions pour la Nouvelle Année, poser mes objectifs et planifier mes projets dans le temps. C’est ce qu’on fait le 1er de l’an non ?

Suis-je à côté de mes pompes ? Est-ce-que je veux aller trop vite ? Est-ce-que je n’ai pas compris que c’est le 31 décembre à minuit qu’on dit « bye bye 2020, année de la terreur »? Je ne le pense pas. Le fait est que j’ai surtout décidé de me connecter à mes ressentis, à mes changements intérieurs et à mon unique façon de percevoir le monde.

Remettre en question la norme temporelle

Nos marqueurs temporels ont été définis par des sociétés et des décrets qui ne suivent pas vraiment les biorythmes : le calendrier grégorien (solaire) à la place du calendrier lunaire, les heures de travail standardisées, les vacances scolaires généralisées, la pilule pour les femmes… ou encore l’heure d’hiver et l’heure d’été !

Le cycle a été remplacé par la ligne, l’uniformité, le standard.

Nous sommes toutes et tous des individus différents aux besoins uniques et pourtant nous mangeons le même nombre de fois, aux mêmes horaires, nous nous devons d’être productif•ves en même temps à des horaires et des jours définis (pas d’élan de motivation le week-end svp), nous devons nous reposer au même moment… Bref, notre cyclicité est complètement étouffée car nous n’honorons pas nos fluctuations uniques. Cette standardisation lisse la pulsation originelle à l’intérieur de nous, cette voix qui nous souffle de quoi nous avons besoin dans l’instant présent. Et l’instant présent peut difficilement s’épanouir si nos activités nous sont imposées à chaque instant : « c’est le 1er janvier qu’il faut poser vos intentions. Pas avant, pas après. » C’est dommage car la fluidité, cette sensation de vivre dans la facilité et la simplicité, n’est possible que lorsque nous arrêtons de contrer nos élans.

Ecouter l’horloge naturelle

L’exploration que j’ai mené sur mon cycle féminin m’a révélé la cyclicité qui vivait en moi. Que je l’écoute ou pas, elle est toujours là. Mais lorsque j’y prête attention, tout me parait plus simple. Cela est valable pour les femmes comme pour les hommes.

Tout être humain est cyclique : il répond à une horloge, celle de la nature.

Celle a l’intérieur de lui qui lui dicte ses besoins dans l’instant présent. Et celle de Mère Nature, à travers le soleil et ses saisons qui souffle qu’il est temps de rentrer dans notre grotte l’hiver venu pour mieux faire germer nos projets au printemps. De dormir plus lorsque la nuit gagne sur le jour, d’explorer le monde quand le soleil est là et l’éclaire de ses feux.

Mère Nature, c’est aussi la lune avec ses énergies croissantes et décroissantes comme une invitation à voir ce qu’il se passe à l’intérieur de nous. Elle est là dans le ciel chaque nuit comme un rappel à notre nature cyclique si nous l’oublions.

J’ai énormément de gratitude pour cette Nature qui nous donne tout sans rien avoir à demander. En recherchant à entrer en résonance avec son battement, on peut trouver le trésor de notre propre rythme. Celui qui bat pour nous faire éclore à nous-même à chaque instant de la façon la plus juste.

Ouvrir le champ du possible

Notre société ne va pas du jour au lendemain abandonner tous ses codes temporels. Il y aura toujours l’heure de l’école (encore que quelques écoles alternatives proposent des horaires d’été et d’hiver pour faire classe !), les 35h et la nouvelle année suite à 365 jours de l’ancienne. Mais entre ces grandes lignes, il existe d’autres lignes que nous pouvons faire bouger selon notre cycle.

Chacun•e aura sa zone de flexibilité ou pas (ex : j’ai 3 enfants en bas âge). Cela peut simplement débuter par la remise en question de ce qui semble établi et indéboulonnable. En fait, il peut y avoir une autre voie pour des choses minimes comme pour les plus grandes. Du fait de décider de « reporter ses RDV pendant ses règles » à « se mettre à son compte pour gérer sa productivité et sa créativité à sa façon ». Ou alors « de prendre ses bonnes résolutions à son anniversaire plutôt qu’au 1er janvier » à « ne faire que 2 repas par jour parce que c’est ainsi que j’ai faim ». Pour ma part, je ne me sentais pas fatiguée cette fin d’année, je n’ai donc pas pris de congés et j’ai simplement ralenti. Je me garde l’opportunité de partir en vacances pendant l’année, quand j’en aurais besoin.

Ouvrons nous la possibilité d’être pleinement nous pour laisser émerger la véritable nature au-delà de ce qui est contrôle par ce rythme linéaire.

C’est une sensation très puissante de se sentir en pleine maitrise de son rythme et de son cycle. Je savoure d’autant plus les moments de retrait qui se dénuent de culpabilité. J’accueille avec étonnement la créativité folle et inarrêtable. Je respecte les temps de décision et de séparation de ce qui ne me convient plus. Hiver, printemps, été et automne intérieurs dans une grande danse qui ne s’arrête jamais.

Alors depuis mon 2021 intérieur, je vous souhaite de marcher sur le chemin de votre propre rythmique, d’honorer votre cyclicité et de savourer votre unicité.