Catégories
Femmes cycliques, femmes puissantes

Barbara

Barbara et son cycle féminin, c’est une histoire d’amour et de douleurs. Atteinte d’endométriose, elle a mené de grandes explorations pour trouver la voie de la guérison et par la même occasion son chemin de vie. Aujourd’hui, elle partage ses savoirs en accompagnant des femmes qui veulent de transformer leur vie :

« Mon père est camerounais (de l’ethnie Bétis), ma mère est italienne (du Frioul) et moi je suis française. Née à Paris, j’ai pas mal déménagé partout en France avec ma mère.

A 14-15 ans j’ai eu mes premières règles. Je n’ai pas eu de transmission particulière mais je savais ce que c’était, ma mère m’avait prévenu et mes amies avaient déjà leurs règles. J’étais même envieuse car les miennes n’arrivaient pas ! Par contre, je ne m’attendais pas à ce que ce soit si douloureux.

Après 2-3 cycles, ma mère m’a emmené chez le médecin mais à la fin des années 90, l’endométriose, on n’en parlait pas du tout. On m’a rapidement passé sous pilule, en changeant régulièrement de formule pour calmer les douleurs. Les médecins minimisaient ma souffrance, me disaient que c’était dans ma tête. Je pensais que j’étais folle. Ca m’a doucement amené à me déconnecter de mon corps, de mon cycle.

C’est après un long parcours de diagnostics que j’ai pu enfin mettre un mot sur ma maladie : l’endométriose.

J’ai subi des traitements, des opérations pendant des années… mais j’étais en échec thérapeutique au niveau allopathique : j’ai alors pris exploré des voies naturelles de guérison.

J’ai changé mon alimentation, testé des médecines douces et opéré un travail de fond autour du transgénérationnel. J’en suis arrivée là car j’ai appris que les recherches en cours sur l’endométriose montreraient qu’il y a une part génétique et/ou héréditaire dans la maladie.

J’ai décidé de remonter l’histoire de chaque femme de ma famille : un véritable arbre gynécologique.

L’endométriose a été un tsunami pour moi mais aussi pour ma famille qui considérait le sujet du cycle comme tabou. J’ai tout de même décidé d’interroger les anciennes générations sur leurs problématiques de santé, qu’elles soient physiques ou mentales, ainsi que sur leur cycle féminin. Au début elles me répondaient vaguement car elles ne s’étaient jamais posé ces questions, elles étaient très déconnectées de leurs perceptions, sûrement à cause de la médecine moderne, que ce soit en Europe ou en Afrique d’ailleurs. Il a fallu du temps pour creuser et finalement rencontrer des prises de conscience : je n’étais pas du tout la seule à avoir eu des soucis avec mon cycle. Et ce des 2 côtés de ma famille !

Les traumas se faisaient écho autant du côté paternel que maternel :

  • Ce sont 2 familles d’immigrés qui portent la blessure d’avoir dû quitter leurs Terres… mais qui m’ont aussi transmis le courage de traverser toutes les épreuves.
  • Ce sont deux cultures patriarcales avec un archétype de la Mère très fort. Pourtant ce sont les femmes qui sont les vraies chef de famille.
  • On retrouve une énergie très masculine à être sans cesse dans l’action, dans le travail. Il ne faut pas trop « s’écouter ». Dans ce sens l’énergie féminine est muselée.
  • J’ai aussi trouvé dans mes lignées des guérisseuses et des accoucheuses, en Afrique comme en Europe.

Cela m’a permis une vraie reconnexion à mes ancêtres et surtout à mes grand-mères qui se soignaient par les plantes, les cataplasmes, les inhalations… Ca m’a frappé car j’avais fait le même chemin de mon côté, sur une base plus moderne avec la naturopathie.

J’espère qu’en guérissant mon féminin, je guérirai les générations qui me précèdent et celles qui vont me succéder.

Je sens déjà l’apaisement qui s’est installé dans les femmes de ma lignée, entre les prémisses de ma maladie et aujourd’hui. Pour moi l’endométriose a été une vraie voie de développement personnel et spirituel. Maintenant je suis en rémission, je n’ai plus de problèmes avec mon cycle et je me suis reliée avec mes ancêtres, notamment africains. C’est cette voie-là que j’ai envie d’explorer désormais.

Ma connexion avec le féminin sacré date lui d’il y a 2 ans. L’énergie féminine et cyclique me parlaient beaucoup cependant j’avais une difficulté à me reconnaître avec ce qu’on voyait sur les réseaux. Clairement on manque d’exemples et de représentations de personnes racisées. Aussi les figures représentantes des archétypes sont souvent issues du panthéon greco-judéo-chrétien… ça ne parle pas à tout le monde !

La spiritualité est très colonisée.

Il est vraiment nécessaire de rendre plus hommage aux traditions desquelles on s’inspire aujourd’hui. Ces peuples ont été annihilés, ils n’ont plus eu le droit de faire vivre leurs sagesses et leurs rites. Maintenant on utilise leurs pratiques alors que c’est encore compliqué pour eux de se reconnecter à ça.

Alors dans le féminin sacré : je prends ce qui me parle, je reconnais les phases de mon cycle pour adapter mon rythme de vie, j’honore les traditions… bref je fais les choses à ma sauce.


Pour retrouver Barbara :

Photo @blissnjoy_photographie

Laisser un commentaire